mardi 18 décembre 2018
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Brésil 2014 : Forces et faiblesses des équipes africaines

 

Le Cameroun

L’attaque des Lions Indomptables repose une nouvelle fois sur Samuel Eto’o

La dernière participation : 2010. L’expérience précédente a été plutôt douloureuse pour les Lions Indomptables. Une première Coupe du monde sur le continent africain aux allures de fiasco. Trois matches et trois défaites, dans une poule qui semblait pourtant à leur portée (Japon, Pays-Bas et Danemark). Une année 2010 catastrophique pour les Camerounais qui n’avaient pas non plus passé le cap des quarts de finale lors de la CAN, éliminés par leur bête noire, l’Egypte (1-3).

La qualification : 1er du Groupe I (Zone Afrique). Attendu au tournant après ses non-qualifications pour les Coupes d’Afrique des nations en 2012 et 2013, le Cameroun s’est qualifié sans grande difficulté malgré une défaite face à la Libye en phase de poules. Facile premier, ils ont alors écarté la Tunisie en barrages. Un match nul 0-0 à l’aller à Rades puis une large victoire 4- 1 à Yaoundé.

L’homme à suivre : Samuel Eto’o. Quand on parle du Cameroun, on pense tout de suite à Samuel Eto’o. Meilleur buteur de l’histoire des Lions Indomptables avec 56 réalisations, et malgré ses 33 ans, il reste la star, le meneur et l‘homme fort de la sélection camerounaise. Un rôle qu’il aime tout particulièrement. Unique buteur camerounais en Afrique du Sud, l’attaque des Lions Indomptables repose une nouvelle fois sur lui.

Le point fort : La défense. 4 buts encaissés pendant les éliminatoires (3 en phase de poules et 1 en barrage), le Cameroun peut se reposer sur une défense solide. A son meilleur niveau, la charnière centrale composée de Chedjou et N’Koulou est une des meilleures d’Afrique.

Le point faible : Le Collectif. Les Lions Indomptables ont beau compté de belles individualités, Samuel Eto’o, Nicolas N’Koulou ou encore Alexandre Song, cette équipe n’arrive toujours pas à jouer ensemble. Un groupe mené par de forts égos sans aucune cohésion d’équipe. Afin de faire mieux que lors de l’édition précédente, les individualités devront pourtant, pour une fois, se mettre au service du collectif.

 

La Côte d’Ivoire

Troisième participation à suivre pour les Ivoiriens qui sont devenus en l’espace de dix ans une vraie référence sur le continent africain

La dernière participation : 2010. 2006 : Argentine, Pays-Bas, Serbie-et-Monténégro. 2010 : Portugal, Brésil, Corée du Nord. La Côte d’Ivoire a la fâcheuse habitude de tomber dans le groupe de la mort depuis qu’elle joue régulièrement la Coupe du monde et par conséquent, de la quitter prématurément. En 2010, auteurs d’un match nul intéressant (0-0) d’entrée contre le Portugal, les Eléphants avaient trébuché contre le Brésil (3-1) avant de dominer la Corée du Nord (3-0). Insuffisant toutefois pour voir enfin les huitièmes de finale d’un Mondial. Qu’ils se rassurent, le tirage 2014 s’est enfin montré clément.

La qualification : 1er du groupe C (zone Afrique). Troisième participation à suivre pour les Ivoiriens qui sont devenus en l’espace de dix ans une vraie référence sur le continent africain. Les hommes de Sabri Lamouchi sont sortis grands vainqueurs et invaincus d’un groupe C où figurait pourtant le Maroc. Lors du duel final, les Eléphants ont facilement écarté le Sénégal (3-1 ; 1-1) pour rallier le Brésil sans trembler.

L’homme à suivre : Didier Drogba. Il fut un temps où 2010 devait être le dernier Mondial de Didier Drogba. Mais l’attaquant star aime trop la sélection pour la lâcher si facilement. Voyant que les performances ivoiriennes ne déclinaient pas, l’ancien joueur de l’OM s’est engagé de plain-pied dans l’aventure sud-américaine. Si ses meilleures années, à Chelsea notamment, sont derrière lui, l’attaquant a trouvé le chemin des filets à 20 reprises sous les couleurs de Galatasaray cette saison. Il a aussi disputé les huitièmes de finale de la Ligue des champions (sorti par Chelsea), preuve que le joueur fréquente toujours le haut niveau. Il sera cet été le guide et incarnera l’expérience de la Côte d’Ivoire pour sa dernière Coupe du monde.

Le point fort : Yaya Touré. Il aurait pu être l’homme à suivre du côté de la sélection ivoirienne. Le joueur de Manchester City est tellement performant en club qu’il représente à lui tout seul le point fort de la Côte d’Ivoire. Poumon, métronome, buteur, le génie mancunien sait tout faire et son équipe nationale devrait largement bénéficier de son talent.

Le point faible : Le collectif. Drogba, Touré, Gervinho, Salomon Kalou… Ces joueurs sont d’indéniables stars du ballon rond mais tous ensembles, ils n’ont encore jamais donné l’impression de former une vraie équipe à l’image du Ghana ou du Nigéria. Miser sur ses individualités à défaut de son collectif, voilà peut-être ce qui fera défaut aux Ivoiriens cet été au Brésil.

 

Le Ghana

Les Black Stars partent au Brésil pour prendre leur revanche sur le mauvais sort, après leur élimination cruelle en quarts de finale de la Coupe du monde 2010

La dernière participation : 2010. Les Black Stars partent au Brésil pour prendre leur revanche sur le mauvais sort, après leur élimination cruelle en quarts de finale de la Coupe du monde 2010, sur le continent africain. Une main de Luis Suarez et le pénalty manqué d’Asamoah Gyan dans la foulée, le tout dans les ultimes minutes de la prolongation resteront à jamais gravés dans l’histoire du football ghanéen.

La qualification : 1er groupe D, vainqueur en barrage de l’Egypte (6-1 ; 1-2). Le Ghana s’est qualifié pour sa troisième Coupe du monde consécutive. Un parcours solide dans les phases qualificatives, cinq victoires et une seule défaite. Premiers de leur groupe, ils ont hérité de l’Egypte en barrage, une équipe redoutée sur le continent africain. Pourtant, le Ghana n’a eu aucune difficulté à s’extirper de cette double confrontation avec une victoire nette lors du match allé 6 buts à 1.

L’homme à suivre : André Ayew. Il est un des joueurs de base du système mis en place par le sélectionneur ghanéen. A chaque fois qu’il représente les Black Stars, il répond présent et pèse fortement sur le jeu de son équipe. Preuve de son implication sous le maillot du Ghana, il remporte en octobre 2009, le Mondial des moins de 20 ans en Egypte. Il est alors le capitaine de cette équipe victorieuse face au Brésil en finale. Autre fait d’arme du Marseillais, il fait partie des révélations du dernier Mondial et figure parmi les trois nommés en liste pour le trophée du meilleur espoir de la Coupe du monde, titre finalement remporté par Thomas Müller. Avec son implication de tous les instants et sa vista, il sera encore un homme fort du Ghana.

Le point fort : une constellation de talents. Le sélectionneur Kwesi Appiah a convoqué toutes les vedettes des Black Stars, de Michael Essien à Sulley Muntari, en passant par Kevin-Prince Boateng, Kwadwo Asamoah, Gyan ou encore les frères Ayew. Enfin, vous l’aurez compris, le Ghana c’est un ensemble de bons joueurs formant un véritable collectif soudé. Solide au milieu, bon offensivement, le Ghana peut encore une fois surprendre et être la meilleure équipe africaine de ce Mondial.

Le point faible : la défense. Si les Ghanéens ont un gros collectif, certainement le meilleur d’Afrique, ils ont cette année un gros souci concernant leur défense. En effet, Isaac Vorsah et John Mensah, qui forment habituellement la charnière centrale sont tous deux blessés. John Boye et Jonathan Mensah, deux pensionnaires de Ligue 1, auront fort à faire pour remplacer les deux grands absents côté ghanéen.

 

L’Algérie

Le gros problème de la sélection, c’est que plusieurs joueurs évoluent surtout sur les bancs des équipes européennes

Dernière participation : 2010. C’était le grand retour de l’Algérie en Coupe du monde après 1982 et 1986 après une campagne de qualification très mouvementée et marquée par des violences en Egypte. La sélection emmenée par Karim Ziani avait à cœur de briller sur son continent mais les phases de poules ont été délicates : deux défaites contre la Slovénie (0-1) et les Etats-Unis (0-1) et un nul contre l’Angleterre (0-0), soit aucun but marqué. L’entraîneur Rabah Saâdane est néanmoins conservé à la tête des Fennecs mais démissionne le 4 septembre suivant après un match nul contre la Tanzanie.

La qualification : première du groupe H, vainqueur du barrage contre le Burkina Faso. Dans un groupe composé du Mali, du Bénin et du Rwanda, personne ne voyait l’Algérie ne pas terminer première. Bilan : 5 victoires et une défaite à Ouagadougou contre le Mali le 10 juin 2012. Cette ville ne porte d’ailleurs pas chance aux Fennecs puisque les hommes de Vahid Halilhodzic s’y sont inclinés 2-3 contre le Burkina Faso lors du barrage aller. Mais Madjid Bougherra a finalement inscrit le but de la victoire lors du match retour (1-0) pour offrir à l’Algérie son billet pour le Mondial.

L’homme à suivre : Sofiane Feghouli. A 24 ans, Feghouli pourrait devenir un des hommes clés de la sélection algérienne. Passé par Grenoble lorsque le GF38 était en Ligue 1, le natif de Levallois-Perret joue aujourd’hui à Valence. Mais l’histoire de ce joueur concerne surtout sa carrière internationale. Feghouli a d’abord commencé avec l’équipe de France espoirs avant d’être présélectionné par Raymond Domenech en 2008 pour un match amical contre l’Uruguay. Mais convaincu par les arguments de la fédération algérienne, il choisit finalement les Fennecs pour sa carrière internationale.

Le point fort : le collectif. L’Algérie joue toujours avec le cœur et la bonne ambiance règne au sein du groupe des Fennecs. Les joueurs sont jeunes et ont envie de profiter à fond de cette Coupe du monde. Cela se traduit déjà par une attaque bien plus efficace : en 2010, les Verts n’avaient marqué aucun but. Cette année, cela pourrait être bien différent.

Le point faible : la défense. L’Algérie subit les départs d’Antar Yahia et de Nadir Belhadj, deux défenseurs cadres de la sélection des Fennecs. Alors, si l’équipe pourrait marquer davantage qu’en 2010, elle pourrait aussi en encaisser plus. Tout est une question d’équilibre. Mais le gros problème de la sélection, c’est aussi que plusieurs joueurs évoluent surtout sur les bancs des équipes européennes.

 

Le Nigeria

Le sélectionneur Stephen Keshi n’hésite jamais à faire confiance aux joueurs en forme du championnat du Nigeria aux dépens de stars évoluant à l’étranger

Dernière participation 2010.  Impressionnant lors de ses deux premières apparitions mondialistes, en 1994 et 1998, où il a atteint le deuxième tour, le Nigeria s’est montré décevant depuis. Éliminé dès la phase de groupes à trois reprises, il n’a pris que deux points lors de ses huit dernières rencontres dans l’épreuve. La décevante campagne sud-africaine effectuée sous les ordres de Lars Lagerback n’a certainement pas contribué à redorer le blason nigérian, mais la compétition préliminaire pour Brésil 2014 a offert l’occasion aux champions d’Afrique de redécoller.

La qualification : Placés dans le Groupe F aux côtés du Malawi, du Kenya et de la Namibie, les Nigérians étaient favoris dans la course à la qualification pour le dernier tour avant les barrages. Ils ont fait honneur à leur statut en ne perdant aucun match en phase de groupes. Ils ont concédé trois matches nuls, dont un inquiétant 1:1 contre le Kenya à domicile. Seul un but inscrit dans le temps additionnel de la deuxième période par Nmamdi Oduamadi leur a permis de décrocher un point à cette occasion. En barrages, le Nigeria est tombé sur l’Ethiopie, l’équipe la moins bien classée parmi les dix candidats. Il s’est imposé 2:1 à l’extérieur, avant de confirmer (2:0) devant son public.

 
L’homme à suivre : John Obi Mikel, âgé de 27 ans. Depuis, Keshi a visiblement trouvé la bonne formule, John Obi Mikel ayant réussi à atteindre une certaine régularité en équipe nationale. Il est ainsi devenu le principal dépositaire du jeu nigérian. Le gardien Vincent Enyeama apporte son expérience dans les buts tandis que Victor Moses, Ahmed Musa et Emmanuel Emenike sont efficaces dans le secteur offensif.

Les points forts : une force locale. Le sélectionneur Stephen Keshi n’hésite jamais à faire confiance aux joueurs en forme du championnat du Nigeria aux dépens de stars évoluant à l’étranger. Cette politique a payé lors de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2013, remportée par les Super Eagles.

Les points faibles : le secteur offensif. Avec seulement 7 buts marqués en 6 matchs, lors des qualifications, les Super Eagles souffrent d’un léger manque d’efficacité qui risquerait bien de leur faire défaut lors de la phase finale de la compétition. Pourtant, l’attaquant du Fenerbahce, Emmanuel Emenike a inscrit trois buts mais en seulement trois rencontres.

 

B. Olivier TIENDREBEOGO

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