mardi 14 août 2018
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Situation nationale : Voici comment s’organise la résistance à Ouagadougou, « Diendéré ou nous ! »

96 heures après la séquestration du président du Faso, du premier ministre, et des membres du gouvernement, et 72 heures après l’avènement du Conseil national de la démocratie (CND), dirigé par le GénGilbert Diendéré, les manifestations dans la capitale burkinabè ne faiblissent pas, à l’instar des autres villes du pays. Une équipe de 226infos.net a fait le tour de la capitale, ce 19 septembre 2015.

Les jours passent et se ressemblent à Ouagadougou depuis le 17 septembre, date marquant le renversement des autorités de la Transition. Le pouvoir est présentement assumé par l’ex-bras-droit du président déchu, Blaise Compaoré, le général de brigade Gilbert Diendéré. Son pouvoir, faut-il le souligner, est contesté sur le plan national, à l’exemple des condamnations des partis politiques, des organisations syndicales et de la société civile.  Sur le plan international, l’Union africaine a suspendu le pays des Hommes intègres de ses instances et a adopté des sanctions à l’encontre des putschistes. Ce 19 septembre, les points de résistance se forment toujours dans la capitale, pour exiger le départ de la junte.

Des jeunes en train d'ériger des barrages

Des jeunes en train d’ériger des barrages

Des manifestants se montrent de plus en plus entreprenants dans les formes d’organisation de résistance contre le pouvoir de Gilbert Diendéré. Nous avons fait le tour de quelques points de la ville. Première étape : le quartier de Somgandé, sortie nord de Ouagadougou. Là, la route nationale No3 menant vers Kaya est complètement bloquée. « Nous sommes définitivement sortis. Tant que Diendéré est à Kosyam, tant que le président du Faso et le premier ministre ne sont pas libérés, alors nous occuperons les rues.  », s’insurge Soumaila Kaboré.

De la fumée dans certains points de la capitale, ce 19 septembre

De la fumée dans certains points de la capitale, ce 19 septembre 2015

 

Des troncs d’arbres, des pneus brûlés, constituent, entre autres, les barricades dressées par les habitants de ce quartier. « Avec ces barricades, nous sommes maintenant convaincus que les militaires de Diendéré ne peuvent plus jamais traverser ces barrages pour nous tuer », explique Soumaila Kaboré.

Seconde étape, Kosssodo, quartier réputé être contestataire par essence, car abritant la cité des étudiants. Là également des pneus sont brûlés et des manifestants remontent vers Kossodo pour, disent-ils, épauler leurs « camarades de lutte », afin de remonter vers le centre-ville.

Des activités complètement aux arrêts

Vers le Centre pédiatrique sur le boulevard Charles De Gaulle, des pneus sont également brûlés et des barricades érigées. Les activités au niveau des stations de carburant sont pour le grand maximum aux arrêts. Pour tout, les activités dans la capitale tournent au ralenti et les administrations publiques demeurent toujours fermées.

Nous sommes dans les environs du centre hospitalier pédiatrique Charles De Gaulle

Nous sommes dans les environs du centre hospitalier pédiatrique Charles De Gaulle

 

 

D’autres quartiers comme celui de Tampouy, Gounghin et autres sont également dans la danse et partout les manifestants ont la même revendication : la démission de Gilbert Diendéré et la libération du premier ministre, Isaac Zida, et des ministres détenus en otage par les éléments du Régiment de sécurité présidentielle.

Depuis trois jours, le Général Gilbert Diendéré est à la tête d'une junte qui a pris le pouvoir par la force

Depuis trois jours, le Général Gilbert Diendéré est à la tête d’une junte qui a pris le pouvoir par la force

Autre fait marquant est la diminution sensible des tirs des militaires du RSP dans la capitale. « De toutes les façons, soient ils nous tuent tous, soient Diendéré démissionne. Maintenant, c’est Diendéré ou nous. La patrie ou la mort nous vaincrons »,  scandent les protestataires. Depuis le coup d’Etat, la répression des éléments du RSP ont déjà fait une dizaine de morts et près d’une centaine de blessés, dans la capitale.

Des stations de carburant fermées

Des stations de carburant fermées

 

 

 Par Lassané Sawadogo

Pour 226infos.net

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