lundi 28 mai 2018
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Indulgence vis-à-vis de l’ex majorité : « Cette complaisance fécondera une autre Révolte pire que celle que nous avons connue », Labidi Naba

Cette opinion émane d’un des lecteurs de 226infos. Dans sa missive, il fustige le comportement « attentiste » et « complaisant» des autorités de la Transition sur le sort à donner aux leaders de l’ex majorité. Labidi Naba dénonce par ailleurs le « mépris indescriptible » que ces derniers manifestent en sortant du bois.

Alors que le Peuple burkinabè a concédé une mission claire aux autorités de la transition après les événements historiques de fin octobre 2014, il réalise désespérément le fourvoiement de celle-ci. Conséquence, le Peuple est encore en train de battre le macadam.

La malencontreuse complaisance (ou peut être complicité) des autorités de la transition avec son corollaire d’errements a peu à peu favorisé le retour précoce des maux que le peuple a fortement combattus depuis plus d’un quart de siècle.

La mission de la transitions est pourtant simple : déstructurer un système construit sur le vol des deniers publics, la monopolisation de l’économie, le marchandage de la médiocrité, la culture du syndicat du crime afin d’aller à des élections libres transparentes et démocratiques.

Pour Labidi Naba, « Aujourd’hui, force est de constater que rien n’a changé » (Ph. DR)

Pour cela, il eut fallu un Etat de transition fort et non complaisant qui mettrait immédiatement en place un appareil de justice indépendant et impartial afin de régler pour emprunter les propos du Président du Faso, Michel Kafando, lors de la cérémonie de passation des charges :

« Toute ma vie, je me suis toujours fait une haute idée du respect du bien public et milité pour l’avènement d’une vraie justice sociale. L’on comprendra donc pourquoi, avec ceux qui ont méprisé cette justice, et qui pensent qu’ils peuvent impunément dilapider les deniers publics, nous réglerons bientôt les comptes ».

« Cet environnement d’impunité incompréhensible»

Ceux-là ont les connais, ils ont leurs noms et leurs faits néfastes consignés dans de multiples rapports dont le Burkina a acquis une grande expertise dans leur élaboration (Ex. : rapport de l’ASCE, rapport de la Cours des Comptes et bien d’autres).

Aujourd’hui, force est de constater que rien n’a changé. Même les âmes errantes de nos frères morts pour la patrie les 30 et 31 octobre ne rêvent plus de voir leurs assassins payer le prix de leurs actes.

Cette impunité a permis aux détourneurs de deniers publics, qui en réalité détiennent indûment l’économie du pays, de sortir du bois malgré la promiscuité que cela engendre, servant au Peuple dont la mémoire est encore fraîche, une arrogance et un mépris indescriptible. Mieux, ils vont reconquérir le pouvoir qu’ils gagneront en octobre prochain si les choses restent en l’état et si même les élections arrivaient à se tenir.

Les autorités se sont empressées de pourchasser de petits pilleurs jusque sous leurs lits pour arracher des sacs de riz à moitié consommé. Quant aux bandits aux cols blancs, dont les actes sont les plus destructeurs pour notre émergence économique, il n’en est rien même pas un seul mandat d’arrêt international émis à plus forte raison de chimériques arrestations.

Cet environnement d’impunité incompréhensible pour nous autres, cette complaisance fécondera une autre Révolte pire que celle que nous avons connue. Nous venons avec notre bonne foi dans une démarche inclusive pendant que l’autre cache un couteau au dos prêt à nous saigner un à un sur l’autel de la vengeance au moment venu.

L’édification d’un appareil judiciaire indépendant, digne d’un Etat de Droit, fort, ferme et impartial qui est la première des reformes populaire post insurrectionnelles à faire, permettrait une meilleure et durable réconciliation entre les frères que nous sommes et surtout permettra d’endiguer les sabotages et les perturbations qui engendre l’incivisme, les révoltes et le chaos.

 

Puisse les martyrs reposer en Paix,

Puisse le Burkina avoir des élections libres, transparentes et démocratiques en octobre 2015

Que Dieu Bénisse le Burkina Faso

Labidi Naba

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