vendredi 14 août 2020
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Burkina Faso : Le gouvernement résistera-t-il aux pressions des Syndicats ?

Le bras de fer entre les Syndicats et le gouvernement est clairement engagé.

Les structures syndicales fait une véritable démonstration de force ce samedi 7 mars 2020 en réussissant la ténue de leur première marche-meeting dans plusieurs dizaines de ville contre l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents du public, du para-public et du privé. Les bruits des bottes du « Général Bassolma Bazié » et de ses soldats ont quasiment rendu inaudible la voix du parti au pouvoir qui tenait à la même période son Congrès ordinaire au Palais des Sports de Ouaga 2000. A l’issue de la marche, Bassolma Bazié a fait savoir que les mesures sectorielles se poursuivront et les travailleurs vont s’activer à s’organiser et à réussir la grève générale du 16 au 20 mars à venir.

Le gouvernement campe sur ses positions. Il entend poursuivre dans sa logique de faire appliquer l’IUTS sur les primes et indemnités des agents du public pour réparer l’injustice, qui serait faite aux travailleurs du privé. Le Premier ministre Christophe Dabiré ne parle plus de la question de l’IUTS avec ses partenaires sociaux depuis que ces derniers en ont fait un sujet prioritaire lors de la dernière rencontre Gouvernement-Syndicat. Depuis la fin en queue de poisson de cette rencontre, Christophe Dabiré a trouvé aux militants du MPP, les partenaires crédibles avec qui il faut discuter de la question de l’IUTS. Et c’est eux qui ont eu l’inclusivité de l’information relative à l’élargissement de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents du public à compter de janvier 2020. Christophe Dabiré et son gouvernement veulent résister, quelque soit le prix, aux pressions des structures syndicales et appliquer l’IUTS sur les primes et indemnités.

Mais jusqu’à quand ?

Chaque partie campe sur ses positions. Les syndicats mettent la pression, le gouvernement résiste. Les différents responsables de service sont mis à contribution pour contrer la pression syndicale au niveau sectoriel, mais il ne fait pas de doute que cela, loin de pouvoir casser la dynamique de la lutte, contribuera à détériorer davantage le climat dans les différents services publics et à créer des conflits qui exacerberont la crise.

La justice actuellement est out. Le Ministère de l’Economie et des Finances patine. L’éducation est plantée. Plusieurs autres domaines connaissent des difficultés de fonctionnement. Les médias publics connaissent une crise profonde à l’image de celle qu’a connue la télévision Canal 3 dans un passé pas trop lointain.

Le pays est entrain d’être englué lentement dans une crise qui pourrait se gangrener et toucher toutes les couches sociales et le développement d’un État fragile confronté à la menace terroriste. Christophe Dabiré fait dans la résistance en minimisant le grave risque qu’il fait courir au pays. Jusqu’à quand se convaincra -t-il qu’en tant qu’autorité il ne doit se rendre complice de l’effondrement de la stabilité sociale de ce pays qui aurait bien pu faire l’économie de cette crise si la notion d’autorité n’était pas confondue à celle d’un roi de l’antiquité à qui les sujets doivent obéir sans broncher.

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