mercredi 1 avril 2020
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IUTS sur les primes et indemnités :Une pilule trop amère pour les travailleurs

Les organisations syndicales burkinabè s’organisent pour faire face à la décision du gouvernement d’appliquer à compter de ce mois de février 2020 l’impôt unique sur le traitement des salaires (IUTS) sur les primes et indemnités des agents du public. En attendant des mots d’ordre venu de Centrale syndical, notamment la CGT-B, plusieurs structures syndicales ont des mesures afin de contrer l’offensive lancer par le gouvernement sur le salaire de ses agents. Les audiences à la justice sont suspendues jusqu’à la ténue, le 2 mars prochain, d’une Assemblée générale qui viendra préciser la conduite que les magistrats burkinabè tiendront face à cette décision qui « clochardise » davantage les travailleurs burkinabè, selon les Syndicats. A l’Est, la section F-SYNTER, le puissant syndicat des agents des enseignants, a décidé la suspension des évaluations à compter de ce 24 février 2020. La Coordination des syndicats des Forces de sécurité de l’intérieure qui fédère des syndicats de la sécurité intérieure a été créée dans la perspective de la lutte contre l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités. La Coordination des syndicats du ministère de l’économie et des finances (CS-MEF) est montée au créneau. Bassolma Bazié, le secrétaire général de la CGT-B a convoqué une Assemblée générale ce lundi pour que des décisions concertées soient prises avec les travailleurs face à cette baisse de leur salaire.

Il est évident que les prochains jours, les prochaines semaines seront encore plus difficile pour ce pays déjà à genou et surtout ces populations qui souffrent de plus en plus. Les travailleurs burkinabè ne seront pas prêts à accepter un saccage de leur acquis sous le prétexte d’une quelconque équité sociale ou d’un contexte difficile, alors qu’au même moment le peuple burkinabè est témoin des scandales de détournement, de surfacturation et de corruption portant sur des milliards de franc cfa. Si à cela il faut ajouter les crimes économiques restés impunis par le fait du prince, les avantages fiscaux accordés à des structures qui n’ont que faire du développement du Burkina Faso et aux violations de textes pour accorder des salaires démentiels à des ministres, les travailleurs ne manquent pas de raison de rappeler aux autorités burkinabè qu’ils n’ont pas fait vœu de pauvreté ; et qu’ils ont aussi le droit de vivre dignement et décemment dans un pays où le coût de la vie croît de façon incontrôlée.

Le bras de fer est engagé. Chaque partie a ses forces. Le gouvernement a l’avantage d’avoir les textes (lois de finances 2020) en sa faveur, les lois du pays donnent également les moyens aux travailleurs de pouvoir se battre pour restaurer leur dignité. Chacun se battra avec les moyens à sa disposition, seul le rapport de force fera plier l’autre partie. Mais à convoquer l’histoire récente du Burkina Faso, il serait fondé de conclure que le gouvernement s’embourbe davantage avec cette affaire.

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