lundi 25 mai 2020
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Présidentielle du 22 novembre 2020 : Entre le droit à la vie et le « devoir citoyen »

Le 22 novembre prochain, les burkinabè seront appelés aux urnes une fois de plus pour élire le Président du Faso et les députés pour le quinquennat 2021 – 2025. Le MPP qui entend mener « le combat du siècle » veut assurer non seulement la réélection de son candidat Roch Marc Christian Kaboré, mais aussi lui offrir une majorité confortable à l’Assemblée nationale. L’opposition politique qui ne se fait pas de souci. Pour elle, le candidat sortant sera déjà éliminé dès le premier tour à cause de son bilan et grâce certainement à la stratégie politique que cette Opposition veut mettre en œuvre pour offrir une « alternance alternative » aux burkinabè.

La CENI qui se veut être indépendante à quand elle débuté le processus de révision du fichier électoral dans l’espoir d’enrôler 4,5 millions de nouveaux électeurs. Les petits plats sont mis dans les grands pour que les élections se tiennent à bonne date, mais le risque que ces élections soient un camouflet en terme de participation est grand car les préoccupations des populations sont loin d’être d’aller voter et elles sont de plus en plus convaincues que les préoccupations premières de cette classe politique sont aux antipodes des leurs.

Les populations déplacées internes dont les voix comptent également se sentiront-elles vraiment concernées par ce scrutin ? Rien n’est moins sûr. Entre le droit à la vie et le devoir citoyen, ces déplacés internes doivent faire un choix.

La situation sécuritaire nationale est délétère et une bonne partie du territoire national est devenue une sorte de jungle. Seuls les « Tarzan » peuvent s’y aventurer. Les attaques récurrentes, les meurtres aussi. Le nombre de déplacés internes est effroyable. Plus de 600.000 déplacés internes qui manquent de tout. Des acteurs, politiques ou non, surfent sur leurs conditions de misère totale pour se faire de la publicité. Ce sera à ces burkinabè, réfugiés dans leur propre pays, à qui on demandera de se détourner des questions liées à leur survie pour s’intéresser à un scrutin électoral. Ces populations ne se nourrissent pas des discours idéalistes du genre « ton vote, c’est ton arme ». Elles ont toujours su voter, elles ont d’ailleurs été des faiseurs de roi lors des différents scrutins passés… jusqu’à ce qu’elles se retrouvent dans cette situation de déplacés internes. Elles savent donc ce que vaudra leur vote.

Les acteurs politiques auront bien du mal à convaincre ces populations de la pertinence du vote dans leur situation actuelle. Il faut vivre d’abord, avant de voter. Ces populations se battent d’abord pour vivre, pour survivre. Quels types de discours pourront être servis aux populations pour le convaincre et les motiver à accomplir leur « devoir » citoyen ? Tout laisse à priori à croire que le 22 novembre se fera quasiment sans ces déplacés internes, malgré les scénaris élaborés pour faciliter leur vote.

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