mardi 29 septembre 2020
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Santé du Général Djibril Bassolet : Au-delà de l’émoi, une leçon pour les autorités burkinabè

C’est une image insoutenable de Djibril Bassolet qui a été publiée sur les réseaux sociaux au cours de ce week-end. L’ancien patron de la diplomatie burkinabè paraît amaigri et affaibli par la maladie qui le ronge depuis 4 ans. En raison de ses embrouilles avec la justice burkinabè, Djibril Basssolet se voit refuser l’autorisation d’être évacué à l’extérieur pour une meilleure prise en charge de sa situation. Cette situation tue à petit feu le Général Bassolet qui purge sa peine à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA).

Si l’évacuation de Djibril Bassolet va lui permettre d’améliorer sa santé, il est nécessaire de lui autoriser cette évacuation pour qu’il se soigne et revienne purger sa peine. Il est bien possible à l’État burkinabè d’encadrer cette évacuation et avoir les garanties nécessaires que le condamné pourra revenir dans sa cellule une fois que sa santé connaîtra une nette amélioration. Djibril Bassolet n’est pas un citoyen extraordinaire certes, mais sa situation actuelle n’honore ni les autorités burkinabè, ni la Justice du pays, ni les victimes des actions que l’homme a posées dans un passé lointain et récent, ni les opposants politiques. Il a fait voir des couleurs à d’autres burkinabè à un moment donné de l’histoire du pays et certains continuent de souffrir de ses actes, mais faut-il lui faire vivre les mêmes travers qui ont été dénoncés et combattus? Autant les actes qu’il a eu à poser de part le passé sont à dénoncer et à condamner, autant ce qu’on lui fait vivre actuellement est à dénoncer et à condamner.

Mais, au-delà de l’émoi que suscite la situation du Général Bassolet, elle doit être un cas d’école pour les autorités africaines en général, et burkinabè en particulier. Lorsque des burkinabè plaident pour le respect des droits de l’Homme, l’amélioration des conditions de vie des burkinabè, une indépendance de la justice, une lutte plus ferme contre la corruption, un environnement des affaires plus transparent et un relèvement du plateau technique de nos structures sanitaires entre autres, il y va de l’intérêt de tous y compris ceux qui jugent les demandes « surréalistes ». Les différentes structures sanitaires du Burkina Faso auraient bien pu prendre en charge le cas de Djibril Bassolet si durant les 30 années de gestion du pouvoir, Blaise Compaoré et ses amis toujours au pouvoir avaient jugé bon de ne pas faire des hôpitaux burkinabè des mouroirs certains. Les hôpitaux publics du Burkina Faso était une affaire de pauvres, selon la volonté des acteurs politiques forts de l’époque. Toute revendication d’une amélioration des conditions de travail des agents de santé était assimilée à une volonté de renverser le pouvoir ; un crime de lèse-majesté que la machine répressive dirigée entre autres part Djibril Bassolet savait punir. Aujourd’hui, il se voit contraint de demander une autorisation pour se faire soigner dans un hôpital où les autorités politiques ont fait preuve de sagesse en prenant à bras le corps la question de la santé des populations.

La leçon du cas Bassolet doit être assimilée par les autorités certes, mais il faut pour l’instant agir pour sauver le « soldat » Bassolet.

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