vendredi 14 août 2020
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Sommet de Pau sur Barkhane : La fin de l’équilibrisme politique des Chefs d’État du G5 Sahel

Le 16 décembre prochain à Pau, dans le Sud-Ouest de la France, les cinq Présidents des pays membres du G5 Sahel ont été conviés par Emmanuel Macron à venir clarifier leurs positions sur la présence des bases militaires au Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le Président français Emmanuel Macron dit avoir besoin de ces éclaircissements pour poursuivre ou non sa politique de défense dans cette partie du monde qui fait face à la menace terroriste. Cette annonce faite ce mercredi 4 décembre 2019 vient mettre les Présidents africains conviés face à leurs responsabilités ; des responsabilités qu’ils se sont bien souvent abstenus d’assumer.

Sur la question de la présence ou non des bases militaires françaises, la position des Chefs d’État africain est l’une des plus ambiguës et des plus équilibristes. Aucun des cinq chefs d’État africain ne s’est prononcé de façon claire et précise sur la pertinence du maintien ou non des bases militaires françaises dans le sahel. Cette situation s’explique essentiellement par le fait que ces Chefs d’État ne perdent pas de vue qu’au regard de la montée du sentiment anti politique française au sahel, ils se mettront au dos soit la France, soit leur population.

Au Burkina Faso, le gouvernement peine à parler d’une même voix. Le Ministre de la défense estime que la France joue un double jeu, tandis que patron de la diplomatie burkinabè juge pertinente la collaboration militaire entre la France et les pays du G5 Sahel. Le Ministre en charge du Commerce lui n’hésite pas à fustiger « pintade orgueilleuse ». Le Président Kaboré, candidat à la prochaine élection, et par ailleurs Président en exercice du G5 Sahel, lui a fait le choix de la réserve pour des raisons électoralistes certainement. Et l’ambiguïté de la position des autorités burkinabè face à la présence militaire de la France au Sahel est aussi entretenue par les quatre autres Chefs d’État.

Cette réalité ne peut que mettre mal à l’aise Emmanuel Macron, premier avocat de la France, qui doit faire face à une montée en puissance du sentiment anti politique française au Sahel, alors que cette politique n’est pas mise en œuvre sans l’aval des autorités africaines censées défendre les intérêts de leurs peuples. Il était donc temps de mettre les Chefs d’État africain face à leurs responsabilités. Ce 16 septembre 2019, ils devraient pour une fois s’assumer et sortir de cette hypocrisie historique qui consiste à critiquer souvent la France pour s’attirer de la sympathie de l’opinion publique et de faire ensuite la courbette à la France pour qu’elle renforce sa politique dans les pays. Au lendemain du Sommet de Pau, il ne devrait plus avoir d’ambiguïté. Les Chefs d’État doivent s’assumer : Soit poursuivre avec la mise sous tutelle des pays africains. Soit permettre pour une fois au pays africain de s’assumer pleinement.

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