lundi 14 octobre 2019
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Sécurité-Sahel : Le Mali, davantage en insécurité depuis les interventions militaires étrangères

11 janvier 2013. Les groupes djihadistes et terroristes sont au bord de la capitale malienne. Visiblement plus rien ne leur résistait et tout indiquait que Bamako allait tomber entre leurs mains. Ils étaient à seulement 70 km de Mopti, après que la ville stratégigique de Konna soit passée sous leurs mains. Au Palais de Koulouba, l’urgence de la situation nationale marquée par une avancée éclaire des obscurantistes armés a contraint les uns et les autres à mettre un terme au désolant spectacle dont ils se livraient sur le ring politique. L’unité de l’armée malienne étant à rude épreuve, la classe politique étant divisée, la CEDEAO et l’Union africaine n’étant qu’une molle cire, le Mali sollicite l’intervention militaire française pour mettre en déroute les bandes terroristes et ramener la sécurité dans le pays. L’Opération Serval a été ainsi lancée par François Hollande à coup de tapage médiatique. Cette opération a permis de mettre un terme à l’avancée des groupes terroristes qui étaient aux portes de Bamako. Le soulagement est total chez des maliens. La France venait de redorer son image aux yeux de milliers de maliens. François Hollande est accueilli en héros et en grande pompe à Tombouctou le … Le Mali lui rend un hommage bien royal.

Après cette intervention française, les maliens estimaient que l’insécurité serait réduite à sa simple expression. La France n’est-elle pas une superbe puissance militaire? Pour apporter du punch à la conviction de certains maliens, la France renforce la présence de ses Hommes dans le pays, Serval est passé sous mandat onusien et est désormais appelé Barkhane. Des bases militaires sont renforcées avec des moyens logistiques de dernières générations… Tout ceci pour la sécurité « d’un pays frère et ami. » L’amour de la France pour le Mali et les maliens semble être débordant. Des opérations sont périodiquement menées et de présumés terroristes sont abattus.

Sept ans après l’intervention et l’installation de l’armée française et autres forces étrangères au Mali, quel bilan il y a t-il a présenté ? Chacun peut aller de son jugement, mais il faut bien dégager trois évidence. La sécurité du pays ne s’est nullement améliorée. L’intégrité du pays n’a jamais été autant remise en cause. Le pays est divisé en trois parties et dirigé par « Koulouba » et ses forces dites loyalistes, « Barkhane » et ses forces essentiellement françaises et le « Groupe de soutien à l’islam au Maghreb » regroupant par extrapolation l’ensemble des groupes djihadistes, terroristes et de narcotrafiquants de tout acabit. Deuxième évidence, le sentiment anti-français va grandissant chez les maliens. L’euphorie de 2012 étant passée, les maliens semblent avoir compris que leur sécurité ne saurait venir du messi français. Aussi, il est évident que la facture de leur intervention n’est pas gérée par le contribuable français, malgré sa « générosité ». Troisième évidence, les moyens subversifs de l’ennemi enturbanné se sont considérablement améliorés, compliquant du coup la tache aux braves soldats maliens.

En somme, le Mali ne sortira pas de sitôt de cette situation d’insécurité notoire grâce à des Forces étrangères. La présence de ces Forces ne fera qu’embourber davantage ce pays dont le péché a été d’avoir une classe politique sans vision pour le développement inclusif et durable du pays, ou d’avoir un vision ampoulé de ce développement. L’esprit d’assistanat qui a toujours animé cette classe politique a fini mettre un coup de frein à la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité du Mali et au plein développement des secteurs sociaux de base au grand bonheur des maliens. Il faut renverser la tendance et remettre le Mali aux maliens… Et pour cela, la balle est dans le camp des maliens.

Et ce qui vaut pour le Mali, vaut également pour le Burkina Faso et les autres pays de bande sahelo-saharienne oû il y a des velléités de favoriser l’installation de base militaire française. Accepter ou appeler les Forces étrangères à la rescousse, c’est nier la capacité des Forces nationales à assurer la sécurité du pays… Donc une injure faites aux Forces de défense et de sécurité.

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