lundi 14 octobre 2019
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Burkina Faso : Le réveil des laissés pour comptes

 

Suite à l’assassinat d’un jeune orpailleur sur le site aurifère de Youga, dans le Boulgou, les populations locales ont pris pour cible les installations de la mine ce jeudi 9 août 2019. L’intervention des Forces de défense et de sécurité a permis de ramener le calme dans la localité, mais la situation reste assez tendue surtout qu’il y a des antécédents entre la mine et les populations locales. Cette situation survient au moment où une autre société minière, la plus grande du pays, est embourbée dans une affaire de corruption et de fraude de l’or à hauteur de plusieurs centaines de milliards de franc cfa.

Le péché originel des sociétés minières installées au Burkina Faso est d’avoir réussi à tout mettre en œuvre, avec la complicité des autorités burkinabè, pour gonfler légalement et illégalement au maximum leurs comptes logés dans les paradis fiscaux. En conséquence, les questions environnementales sont ignorées, les populations sont laissées pour compte,  le développement économique et social  au niveau local est ridiculisé et la Force publique est présente pour réprimer les pauvres populations qui refusent d’accepter leur confinement dans la misère et l’esclavage du temps actuel.

Les déboires qu’essuient ces sociétés minières ne sont que la conséquence du réveil des laissés pour compte ; et d’une sous-estimation de l’envie de développement des burkinabè de façon générale. Et le Code minier, malgré les aménagements survenus sous la Transition, illustre parfaitement cette réalité. Difficile de faire comprendre qu’il est raisonnable et juste que les sociétés minières octroient 10% des recettes, qu’elles souhaitent déclarées, à l’Etat et s’offrent la lune avec les 90% restant. La part du lion est aux miniers. L’Etat prend juste les carcasses. Les populations, elles, meurent par manque d’eau potable. Quoi de plus normal que ces sociétés minières soient considérées comme des corps étrangers pour les populations. Et à leurs yeux, elles ne sont pas seulement des corps étrangers ; mais des corps étrangers nuisibles.  La tournure de certains évènements a convaincu ces populations qu’elles ne peuvent aucunement compter sur leurs autorités pour défendre leurs intérêts face aux Monstres miniers. Pire, ces populations découvrent que les intérêts de ces autorités sont antagonistes aux leurs. N’es-ce pas le Ministre en charge de Mine qui a été le tout premier avocat défenseur de la société minière Essakane, embourbée dans une affaire de fraude géante ? Il aurait pu faire usage de cette même dynamique pour ne serait-ce que le respect strict du Code minier actuel, que beaucoup l’aurait applaudi.  La seule alternative qui ne reste donc aux populations, c’est l’organisation et la lutte orientée vers la réhabilitation de leur dignité et le développement harmonieux du Burkina.

De là, il ne faut pas conclure que le Burkina Faso refuse les investisseurs étrangers. Les burkinabè ne veulent que leur souveraineté, leur dignité et leur volonté de développer leur pays soient respectées par tous ; et le politique ; et les investisseurs.

  • Un code minier négationniste.
  • Les sociétés minières qui se servent copieusement de l’or burkinabè et donnent les carcasses qu’elles souhaitent à l’Etat. Comme si cela ne suffisait pas, l’or d’Essakane est baptisé « charbon fin» avec la bénédiction de l’autorité pour mieux embrouiller les populations.
  • Un groupe français qui facilite le transport du « charbon-fin».
  • Une société qui a des agents de sécurité dotés d’armes de guerre sur leur site
  • Un service traiteur aérien qui déverse de la viande avariée dans un quartier périphérique de Ouagadougou.

Et face à ces réalités, petites parties visibles de l’iceberg, les populations doivent fermer les yeux ?

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