dimanche 21 avril 2019
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Exploitation de l’or au Burkina Faso : Le miel aux miniers, le fiel aux populations !

La production aurifère du Burkina Faso est passée de 45,6 tonnes en 2017 à 52,662 tonnes en 2018 soit une hausse de 15,4%. L’information a été publiée, depuis Koudougou, par le Ministre Oumarou Idani lors du premier CASEM de l’année 2019 du département en charge des Mines et des carrières. Réaliser ces performances historiques dans un contexte d’insécurité comme celui du Burkina Faso est sans doute un réel exploit, mais à qui profite cet exploit ? La sempiternelle question revient.

L’exploitation industrielle de l’or burkinabè depuis plus de dix ans n’a pas suffisamment impacté le développement du Burkina Faso. Les plus grands gagnants de cette richesse burkinabè sont les sociétés minières étrangères qui ne connaissent aucunement pas de crise. Plusieurs milliers d’emplois sont créés certes, l’Etat perçoit des taxes issues de l’exploitation minière certes, mais cela reste insignifiant par rapport ce que le sous-sol burkinabè leur rapporte et aurait dû rapporter au Burkina Faso. Cette opinion est très répandue au sein des populations, surtout des zones aurifères, et défendue par des Organisations de la société civile comme l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ). C’est pourquoi mettre en avant les « performances » historiques du Burkina Faso en matière de production de l’or sur une année reste un non évènement pour des burkinabè qui cherchent à savoir en quoi cette performance améliorera leurs conditions de vies et celle de toute la société burkinabè en générale. Le Ministère en charge des mines aurait bien pu être applaudi s’il avait réussi à obtenir des miniers la mise en œuvre le Fonds de développement communal inscrit en lettre d’or dans le nouveau Code minier. Ce Fonds aurait bien pu contribuer à dynamiser le processus de développement à la base.

Au moment où se réjouissent le Ministre Oumarou Idani et les Sociétés minières installées au Burkina Faso, les populations de Kalsaka ont des doutes sur la qualité de l’eau qu’elles consomment du fait de l’exploitation de la mine de Kalsaka, aujourd’hui en fin de vie. Il est également temps que le Ministère réalise des performances dans l’interpellation des Sociétés minières à avoir un plan environnemental sérieux, applicable et appliqué, pour épargner le Burkina Faso d’un Kalsaka 2. Ce sera au moins de l’égard pour les populations locales et le Burkina Faso en général qui en terme simple ne gagnent pas suffisamment dans l’exploitation de l’or, mais qui payent chèrement les fâcheuses conséquences de cette exploitation.

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