mardi 26 mars 2019
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Lutte contre le terrorisme – Droits de l’homme : Un rapport du MBDHP révèle des exactions des FDS à Kain-Ouro, le Gouvernement émet des réserves sur les méthodes d’investigation

Dans un communiqué en date du 4 février dernier, l’Etat-major général des armées annonçait la neutralisation de 146 terroristes dans la localité de Kain-Ouro et environnantes. C’était la riposte suite à l’assassinat de 14 personnes par des individus armés non identifiés. Cette annonce avait créé polémique au sein de l’opinion publique burkinabè notamment sur le nombre de personnes tuées et surtout sur une éventuelle bavure des Forces de défense et de sécurité burkinabè contre de paisibles populations. Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a mené sa propre enquête sur cette affaire. Les résultats ont été présentés ce mardi 13 mars 2019 à Ouagadougou au cours d’une conférence de presse.

Il y a bien eu des exécutions sommaires dans la nuit du 3 au 4 février 2019 dans la localité de Kain-Ouro et environnantes. C’est ce que révèle cette enquête du MBDHP. Selon, les recoupements de cette organisation de défense des droits de l’homme, il n’y aurait pas eu d’opposition frontale entre les Forces de défense et de sécurité et les terroristes au cours de cette nuit. Elle a recueilli auprès des populations des témoignages qui font état d’exécution sommaire portant sur au moins 60 personnes.« Je dormais dans ma maison quand, aux environs de 4 h, une de mes femmes est venue en courant. Elle m’a réveillé et m’a demandé de me cacher car il y a des personnes armées qui sont entrées dans le village. Je me suis alors enfui dans la brousse. De là-bas, j’entendais les tirs. De retour après que la situation se soit calmée, je découvre que huit (08) membres de ma famille ont été tués. Ils ont tous été tués à l’intérieur des maisons. Ce sont des corps entassés les uns sur les autres que nous avons déplacés avec des taxis motos pour les enterrer à Kain dans la soirée du 4 février. Nous sommes désemparés et voulons la vérité. Nous voulons aussi la sécurité pour pouvoir retourner dans notre village » a raconté un témoin au MBDHP. Chrysogone Zougmoré a invité donc à une prise en compte du respect des droits de l’homme dans la lutte que le Burkina mène contre le terrorisme. Les dérives et autres bavures font chuter les ponts entre les populations et les FDS, a indiqué le MBDHP. Et dans les localités où ces « exécutions sommaires » ont été perpétrées, il ressort que les populations ont davantage peur des Forces de défense et de sécurité. Ce qui ne constitue pas une bonne nouvelle pour la lutte efficace et durable contre le terrorisme.

La réponse du gouvernement

Le Gouvernement burkinabè a répondu à cette sortie du MBDHP en indiquant que le respect des droits de l’homme est un fondamental pour les Forces de défense et de sécurité en lutte contre le terrorisme. « En tant que membre du Comité des droits de l’homme, le Burkina Faso est conscient des engagements et de la responsabilité que cela implique et est respectueux des libertés individuelles et collectives. » a rappelé, le Porte-parole du gouvernement Remi Dandjinou.

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