mercredi 26 juin 2019
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Musique : Ces vérités d’Abdoul Karim Sango que la plateforme revendicative du SYNAMUB ne contredit pas

Les artistes musiciens burkinabè se sont fait entendre ce mardi 12 février 2019 devant le Ministère de la culture, des arts et du tourisme. Sous la conduite du Syndicat national des artistes musiciens burkinabè (SYNAMUB), ils ont remis aux responsables de ce Ministère, leur plateforme revendicative qui se décline en six points essentiels. Cette manifestation a vite été interprétée comme celle des sans talents qui chercheraient à faire consommer leur musique à tout prix.

L’avis du Ministre Abdoul Karim Sango sur la question de cette manifestation a été le point de départ de toute la polémique. Et assurément que le Ministre dit vrai en mettant en avant le critère qualité de l’œuvre artistique avant tout. Aussi, a-t-il raison de rappeler qu’à défaut de pouvoir faire des productions artistiques de qualité, il serait judicieux de se réorienter dans un autre domaine où probablement on pourrait être meilleur. Cependant, avant que la manifestation des artistes membres du SYNAMUB en soit interprété, pas forcément pas le Ministre, comme celle des sans talents il faudrait relever dans la plateforme du SYNAMUB les éléments qui manquent de sérieux et qui ne permettront peut-être pas à la musique burkinabè de mieux se porter.

Parmi les six points, seuls deux points peuvent être sujet à polémique. Il s’agit du point 2, ayant trait à l’augmentation du cachet des artistes nationaux à 1.000.000 de franc cfa pour le live et à 300.000 franc cfa pour le play-back pour les manifestations organisées par l’Etat ; et le point 6 qui évoque la réduction des frais de location de la salle de spectacle du CENASA à 100.000 franc cfa pour les artistes musiciens burkinabè dans le cadre de leurs spectacles. Sur ces deux points, lequel ne contribuera pas à contribuera pas à mieux valoriser la musique burkinabè ? Il ne semble pas ici être exigé à l’Etat dans l’organisation de ses spectacles de prendre n’importe quel artiste. C’est à lui d’établir ses critères objectifs de qualité et ensuite de procéder au choix des artistes qui vont jouer. Les autorités en charge de la culture peuvent suggérer un rabais au regard d’un certain nombre de réalité, mais l’idée de plafonner les coûts de prestation artistique n’est pas dans le fond mauvais. Cette démarche pourrait rentrer dans le même combat que celui mener pour obtenir le quota des musiques burkinabè à jouer dans les différentes radios. Pour ce qui est de la réduction du coût de location de la salle de spectacle du CENASA à 100.000 franc cfa, il est évident que cela peut paraitre inconcevable au regard du standing du cadre, mais l’une des vocations du CENASA c’est de faire la promotion des artistes. Et pour cela, aucun effort ne doit être ménagé. Certes à 300.000 franc cfa déjà c’est déjà un effort considérable, mais s’il y a des artistes qui demandent une réduction pour pouvoir grandir et se professionnaliser davantage il faudrait examiner la demande.

Les quatre points sont moins polémiques et ne souffrent pas trop de débat. Donc dans le fond, la lutte du SYNAMUB ne doit pas être assimilée à celle des sans talents et des assistés. La prise en compte des points inscrits dans la plateforme peut donner un souffle à la musique burkinabè. Piètres musiciens ou non, il faut juger la manifestation du SYNAMUB à partir de la pertinence ou non de leur plateforme revendicative.  il y a eu des artistes qui ont été qualifiés de piètres musiciens à un moment donné de leur carrière, mais qui avec le temps ils ont su s’imposer dans le domaine.

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