mardi 25 septembre 2018
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Burkina Faso – Syndicats : L’Unité d’action syndicale résistera-t-elle aux secousses de la Conférence sur la rémunération des agents publics de l’Etat ?

 

La Conférence des Forces vives de la nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat entre dans son deuxième jour ce mercredi 13 juin 2018. Cette Conférence, voulue par le Chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré, se tient sans les représentants du Collectif syndical CGT-B dirigé par Bassolma Bazié. Cette structure syndicale pointe du doigt le format de la Conférence et des velléités de remise en cause des acquis des travailleurs burkinabè entre autres. Les raisons avancées par le Collectif syndical CGT-B semblent être irrecevables pour une partie de l’opinion publique ; donc insuffisantes pour justifier la politique de la chaise vide adoptée par cette Centrale syndicale.

Dans le débat très houleux et assez passionné sur la rémunération des agents publics de l’Etat, il ressort au moins une constance : les inégalités criardes et les insuffisances constatées dans le traitement salarial des agents de l’Etat constituent un problème qu’il va falloir résoudre. Si l’unanimité se dégage en ce qui concerne la nécessité de revoir la copie du traitement salarial des agents publics de l’Etat, la démarche adéquate à suivre pour y parvenir reste le principal point de divergence entre les acteurs ayant pris part aux travaux de la Conférence et les acteurs ayant décidé d’ignorer cette Conférence. Le Collectif Syndical CGT-B voit d’un mauvais œil la participation des « Forces vives de la nation » -un terme qui regroupe à priori les religieux, les chefs coutumiers et les Organisations de la société civile- à une Conférence qui ne doit réunir que l’Employeur (l’Etat) et l’employé (le travailleur représenté par leur Syndicat). Cependant, estime le Collectif syndical CGT-B, il faudra aller au-delà des rémunérations des agents publics de l’Etat pour prendre en compte les richesses nationales du pays et leurs gestions par l’Etat, si le gouvernement tient à une participation des « Forces vives de la nation » à la Conférence. Au cours de sa conférence de presse du 11 juin dernier, le Premier ministre Paul Kaba Thièba a indiqué qu’il n’avait pas de problème particulier à ce que la question des « richesses nationales » fasse l’objet de débat lors de la Conférence. Il en a profité pour déplorer l’absence du Collectif syndical CGT-B, mais s’est réjoui de la volonté de cinq centrales syndicales de participer à la Conférence.

La CGT-B esseulée, l’Unité d’action syndicale tout proche du gouffre

Selon des indiscrétions, la Conférence sur la rémunération des agents publics de l’Etat était à deux doigt d’être ajournée, au regard du contexte national. Deux éléments auraient définitivement convaincu le gouvernement de tenir cette Conférence malgré le contexte. Des six centrales syndicales que compte le Burkina Faso, cinq ont décidé de participer à la Conférence, sauf la CGT-B. Même si, toute équité voulue, il faut admettre que la CGT-B demeure la Centrale la plus influente du Burkina Faso. Mais que peut un épervier face à mille poussins réunis ? La participation des cinq Centrales syndicales a alors été jugée excellente par le gouvernement.

Second élément, les échanges officieux entamés par le Premier ministre Paul Kaba Thièba sur l’opportunité de la ténue de cette Conférence. Le patron de la primature a consulté certaines personnes ressources afin d’avoir leur avis sur la question… Et l’essentiel des opinions étaient plus ou moins favorables à la tenue de la Conférence.

Le Collectif syndical CGT-B en voudra bien aux cinq autres Centrales syndicales qui de connivence avec le Gouvernement les auront mis en minorité –au moins imaginaire. Du coup l’unité qui était déjà mise à rude épreuve avec l’affaire de la participation de l’UAS à la mise en place du Haut conseil du dialogue social, se voit davantage éprouvée. Les différentes centrales syndicales se préparent à affronter les conséquences d’une imminente implosion de l’UAS. Et dans ce sournois chamboulement au niveau de l’UAS, les politiciens sont loin de vouloir jouer le rôle de simples spectateurs.

226infos.net

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