mercredi 15 août 2018
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G5 Sahel : Des à priori de l’espoir !

 

La Force militaire du G5 Sahel traine des tares qui pourraient plomber les sincères efforts d’impulser une lutte d’ensemble contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne avec à la clé des espoirs d’objectifs à atteindre.

Le problème politique et sécuritaire du Nord Mali

Il est connu de tous que le Nord du Mali reste le fief, le quartier général des nombreux groupes terroristes. C’est à partir de cette partie du pays de Soundiata Keita que part l’essentiel des attaques terroristes d’envergures qui visent le Mali et bien d’autres pays voisins. Cette vaste partie du pays, couvert par le désert, échappe entièrement au contrôle de l’Etat malien. Indépendantistes, groupes terroristes et groupuscules armés pro-maliens se partagent le Nord du Mali et y font régner la loi du fort. Tant que le problème politique du Nord Mali ne sera pas résolu de façon durable et que l’Etat central ne prendra pas le contrôle de cette partie du pays, il serait difficile de trancher la gorge du terrorisme dans la sous-région. Peu importe les moyens humain et financier qui seront investis pour la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, il serait ridicule de penser qu’elle pourra déboucher sur de probants résultats tant que le problème politique et sécuritaire du Nord Mali ne trouvera pas de solution. Et en plus, il ne faudra pas ignorer la situation socio-politique en cours en Lybie. Elle est intimement liée à la situation actuelle du Mali qui a elle-même des répercussions sur l’ensemble des Etats de la bande sahélo-saharienne.

           La sourde oreille de la grande Algérie et la douteuse Mauritanie

Algérie est l’un des Etats qui a combattu depuis très longtemps le phénomène du terrorisme. Elle a donc une tradition de lutte contre le terrorisme. Sa participation au G5 Sahel aurait bien pu être d’une grande importance pour la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, surtout qu’elle partage plus de 6.000 km de frontière –désert- avec des Etats exposés comme le Mali, le Niger et la Libye. L’Algérie reste le plus grand absent de cette force du G5 sahel. A priori, la mainmise de la France dans le G5 sahel pourrait expliquer cette réticence de l’Algérie. L’Algérie et la France n’ont pas encore fait le deuil de leur commun passé douloureux. L’absence de l’Algérie pourrait rendre ardue la tâche des Etats membres du G5 Sahel. Et pour réussir leur mission, à défaut d’avoir l’Algérie au sein du G5, il faudra inviter ce pays à collaborer de façon franche dans la traque des terroristes. Sans cette franche collaboration, les efforts resteront stériles.

Au-delà de cette franche collaboration avec l’Algérie, il est important que l’ensemble des cinq pays jouent franc dans la lutte contre le phénomène terroriste. La Mauritanie d’où est partie l’initiative du G5 Sahel et qui devrait accueillir une école de guerre pour les officiers dans le cadre du G5 sahel ne montre pas de la volonté dans la lutte contre le terrorisme. Plusieurs observateurs estiment que la Mauritanie joue double avec le G5 Sahel.

                     Les limites naturelles de l’option militaire

Prioriser l’option militaire dans la lutte contre le terrorisme n’est pas un choix indiqué. La pauvreté, l’oisiveté, les fractures sociales et politiques, la corruption et l’injustice dans un pays constituent les terreaux fertiles pour le terrorisme. Trouver une solution durable à ces problèmes pourra constituer du même coup un début de solution durable au phénomène du terrorisme. L’option militaire ne devrait donc qu’accompagner l’option du développement inclusif. L’option militaire peut combattre le terroriste bien évidemment, mais elle ne pourra pas combattre et détruire le terrorisme, en tant qu’idéologie. C’est pourquoi, les Etats membres du G5 Sahel doivent réfléchir afin de trouver également une réponse globale aux préoccupations existentielles de leurs peuples.

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