vendredi 21 juillet 2017
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Réaction de la fédération UPC France au projet du code électoral

 

Décidemment tout porte à croire que l’année 2020 commence à hanter le pouvoir en place alors même que son mandat n’en est qu’à mi-parcours, que les promesses faites aux Burkinabè sont loin d’être tenues et pire, que le mécontentement du peuple est grandissant ! Il y a, d’un point de vue pragmatique et éthique, une inconséquence manifeste dans cette initiative de projet de code électoral.

  • Inconséquence pragmatique, parce qu’il est difficile de comprendre comment l’on peut préparer les semences d’une saison prochaine des pluies alors même que l’on n’a pas fini de labourer son champ ?
  • Inconséquence éthique, parce que l’on ne peut prétendre renouveler son mandat, alors même que l’on peine à honorer les promesses faites au peuple et surtout que celui-ci émet de plus en plus des signes d’insatisfaction ?

Qu’à cela ne tienne, le pouvoir est obsédé par le renouvellement de son mandat !! Ce projet de nouveau code électoral élaboré sans concertation démocratique est une preuve incontestable de cette stratégie de conservation à tout prix du pouvoir  en dépit des résultats médiocres et inquiétants de la politique économique mise œuvre depuis la prise en main des commandes de notre pays. Quel mépris !

Alors même qu’une nouvelle constitution est en cours d’amendement et donc non encore adoptée, voilà que l’on nous concocte un nouveau projet électoral qui n’a aucune assise légale dans la mesure où ce code électoral doit logiquement trouver son fondement dans la prochaine constitution en préparation. Autrement dit, le code électoral ne peut être une création ex nihilo.

Dans le code électoral proposé par La transition,  la CENI est au cœur du processus électoral.  Son rôle est défini par environ 33 articles, du niveau national jusqu’aux arrondissements. Rien n’empêche d’apporter un petit toilettage utile à ce texte.

Quel reproche le pouvoir actuel fait il a la CENI ?

En quoi sa composition constitue-t-elle un problème ?

Est-ce parce qu’elle n’inspire plus confiance ? Si oui, pourquoi n’inspire-t-elle plus confiance ?

À qui elle n’inspire-t-elle plus confiance?

 

Dès lors quelle est l’urgence qui impose de préparer un nouveau code électoral avant l’adoption de la constitution ?

Nous, Fédération UPC de France, pensons que ces manœuvres relèvent d’une volonté sournoise de manipulation des prochains votes et en particulier du vote des Burkinabè de l’étranger dont nous sommes partie intégrante.

Sinon pourquoi remettre en cause le rôle de la CENI dont personne ne conteste fondamentalement le fonctionnement en tant qu’autorité indépendante pour en recréer une autre du même statut, si ce n’est pour la concevoir en vue de servir des intérêts particuliers.

Nous condamnons très fermement cette remise en cause du rôle de la CENI qui constitue pour nous une négation méprisante des acquis d’une disposition essentielle de la démocratie dans notre pays. D’autant plus que dans le code électoral en vigueur, dont la CENI est le garant, le vote des Burkinabè de l’étranger était définitivement acté pour les échéances électorales de 2020.

Ce nouveau projet de code électoral, dans sa disposition qui prévoit une mise en place progressive du vote des burkinabè de l’étranger, constitue un recul inadmissible que nous ne saurons tolérer dans la mesure où il porte les germes d’une discrimination, masquée par l’idée d’une mise en place progressive du vote des Burkinabè de l’étranger.

Du reste, nous ne sommes pas dupes de la fumisterie de cette idée de progressivité du vote des Burkinabè de l’étranger dont le pouvoir tente de justifier la rationalité par le biais de données chiffrées annexées au document principal du projet.

Ces documents annexés n’ont  aucun fondement ni aucune justification dans la mesure où rien ne permet de savoir comment les données exposées ont été constituées ? Quelles sont les règles qui ont présidé à la détermination  et à la répartition du nombre de députés  par région ? Quelle est la source de ces données ?

L’ensemble du projet semble être le fruit d’une démarche précipitée et fortement improvisée. Face à cette improvisation et à ce qui ressemble bien à des velléités de manipulations,  qui n’ont d’autres finalités que d’assurer à un camp déterminé une victoire certaine, et donc la conservation coûte que coûte du pouvoir, nous mettons en garde le pouvoir contre les risques de pousser le peuple une fois de plus dans la rue. Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui feraient mieux de ne pas fouler au pied ce qui leur a permis de se hisser au sommet de l’état.

  • Ils ont participé à la lutte pour la suppression de l’article 37…;
  • Ils ont donc pu mesurer la détermination du peuple burkinabè face à la manipulation et à la confiscation des acquis démocratiques ;

Nous enjoignons notre gouvernement à œuvrer pour consolider la CENI et toutes les dispositions permettant d’assurer la transparence et la conformité démocratique de toutes les élections à venir, à assurer l’inclusion   de tous nos compatriotes dans les processus électoraux, notamment les Burkinabè de l’étranger, plutôt qu’à perdre son énergie dans l’élaboration d’un projet de code électoral qui n’a aucune assise constitutionnelle.

 

 

Le bureau fédéral – France

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