jeudi 22 juin 2017
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Police nationale : Les casernes ne seront pas épargnées de l’esprit du « Plus rien ne sera comme avant »

 

Le fait est inédit pour passer inaperçu. Des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) se sont insurgés ce mardi 18 avril 2017 contre leur hiérarchie et l’autorité politique parce que ces derniers entretiennent un flou autour du Service payé de la Police. Et selon les policiers, ce flou aurait permis à la hiérarchie de privatiser implicitement la Police nationale et de retarder le courroux des subalternes.

Le contexte ne s’y prête pas. La hiérarchie policière, l’autorité politique et les subalternes auront bien pu faire l’économie de ce mouvement d’humeur. La suffisance de la hiérarchie, la non-qualification du ministre et l’impatience des subalternes auront été le mélange qui a engendré le mouvement d’humeur des éléments de la Police nationale. Et pour résoudre la question, il faudrait forcement repartir dans le sens inverse en corrigeant le cocktail d’insuffisances qui ont précédé ce mouvement d’humeur. Il faudrait d’ores et déjà que les responsables de la Police se débarrassent de l’esprit de cette époque où les accointances politiques étaient une garantie pour l’impunité. Cette époque où l’exception était le respect des lois et des codes de bons sens qui régissent les rapports entre la hiérarchie et la base. Le point du non-retour est atteint et la lumière doit-être faite sur cette nébuleuse nommée Service payé. Les individus qui se seraient rendus coupables de malversation dans ce service devraient alors rendre des comptes à la Justice, sans état d’âme.

L’autorité politique devrait s’engager résolument dans ce sens. Et le Ministre Compaoré a affiché sa volonté de faire la lumière sur cette affaire lors de sa rencontre avec les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) ce mardi 18 avril 2017 à l’Ecole nationale de la Police. N’étant pas issue du corps, Simon Compaoré se trouve une couverture qui l’épargne raisonnablement des tirs des policiers. Du coup, ses conseillers et autres collaborateurs directs entrent dans le viseur des mécontents. C’est pourquoi, il serait indiqué que le Ministre soit encore plus attentif aux choix de ses collaborateurs pour ne pas être surpris de la réaction « des jeunes ». Aussi, la hiérarchie policière et le Ministre Simon Compaoré se doivent d’accorder au Syndicat de la Police la place qui lui faut. La tentative d’anéantissement du syndicat par la hiérarchie et les velléités de mise en quarantaine des responsables du syndicat auront donné au mouvement d’humeur de ce 18 avril sa forme du jour. Tel que présenté, le mouvement ressemble beaucoup plus à un mouvement spontané et anarchique, dans le sens syndicaliste des termes.

Habités par l’esprit du « Plus rien ne sera comme avant », les éléments de la Police nationale ne pourront plus cautionner l’injustice et les dérives de la hiérarchie. Ils ne sauraient aussi abandonner leur destin et le destin de la Police nationale entre les seules mains d’hommes et de femmes sans vision. Cependant, il est impératif de rappeler aux éléments la nécessité de rester dans les rangs et surtout de ne point remettre en cause la valeur centrale de la discipline. Sans cette valeur, l’efficacité et le professionnalisme que doit incarner la Police ne serait qu’une chimère.

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