vendredi 21 juillet 2017
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Grogne à la Police nationale : L’opacité aura trop duré

 

Des éléments de la Police nationale burkinabè manifestent depuis ce mardi 18 avril 2017 pour exiger la levée de l’opacité qui entoure le Service payé de la police et surtout dénoncer l’attitude de la hiérarchie policière, qui serait l’apologiste des injustices auxquelles les subalternes sont confrontés, et du Ministre de la sécurité, Simon Compaoré complice de ces injustices.

Rien ne va à la Police nationale du Burkina. Les liens entre la hiérarchie policière et la base sont corrompus. L’Union police nationale, le Syndicat de la police avait tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse. Les tentatives internes de résoudre la crise latente ayant échoué, c’est à la place publique que les deux parties laveront le linge sale.

L’échec d’une prétendue rencontre entre le Ministre Simon Compaoré et des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) le jour de la fête de  Pâques aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A la sortie de cette rencontre, une note publiée sur les réseaux sociaux annonçait déjà un mouvement d’humeur pour ce mardi 18 avril 2017. Elle est d’abord passée par la case intox avant de se révéler être une réalité.

Les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) ont pris d’assaut leur base de Wayalghin ce mardi 18 avril 2017 pour protester contre les injustices qu’ils subissent depuis des lustres avec la bénédiction de leur hiérarchie et de l’autorité politique.

                    Le Service payé, l’objet principal de crispation

Tout comme les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité, les éléments des autres unités et ceux des commissariats désapprouvent la gestion du Service payé par la hiérarchie, selon un élément de la Compagnie républicaine de sécurité que nous avons rencontré. Cela a été également confirmé par l’Unapol lors de sa dernière conférence de presse. Les policiers se sentent brimer et exploiter par leur hiérarchie avec cette affaire de Service payé. La hiérarchie est taxée de faire main basse sur les primes des subalternes en les gardant loin du contenu des contrats qui lient la Police nationale aux structures privées. Les éléments de la Police disent exposer leurs vies et l’avenir de leurs familles en assurant, sans la moindre protection, la sécurité des sociétés privées pour que des individus s’enrichissent et « assurent la propension de leur bedaine », argue notre élément. C’est au regard de tous ces éléments que les policiers ont exigé de la lumière sur les contrats avec le privée. Mais la hiérarchie reste sourde à cette requête, sans aucune autre forme d’explication.

La négation des injustices que subissent les subalternes avec l’affaire du Service payé par la hiérarchie policière a conduit les subalternes a exigé le départ du Directeur général de la Police, des Directeurs des Unités d’interventions et du Ministre de la sécurité Simon Compaoré.

                                          Au-delà du Service payé

Le Service payé n’est qu’un pan des raisons du malaise  que traverse la Police nationale du Burkina Faso. S’il faut lever le voile sur les contrats qui lient la Police aux structures privées, il va également falloir faire la lumière sur le Compte 49 de la Police. Ce compte est considéré comme une caisse noire pour la hiérarchie policière. Le compte 49 représente les 80% des frais d’infraction payés par les usagés, le reste du pourcentage étant reversé au niveau des municipalités. Jusque-là, les policiers disent ne pas être en mesure de dire ce à quoi sert l’argent déposé au niveau du Compte 49.

C’est contre toutes ces injustices que des policiers se sont dressés en 2011, dans le feu des mouvements socio-militaires qui ont fait vaciller les fondements de la République. Le moment était mal choisi. La loi du plus fort s’est appliquée dans toute sa rigueur, à l’époque. Les radiés tentent à présent de mettre à jour leur situation, mais, si l’époque à changer, les hommes qui ont précipité leur descente aux enfers sont toujours à la manœuvre et détiennent, officieusement, un droit de veto. Et parmi les policiers en service, la question de la réintégration des radiés ne semble pas créer de polémique.

 

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